Diana, cette nuit-là

  L’histoire du livre   Revue de presse   
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31 août 1997. Le monde entier retient son souffle en observant sur CNN les grues qui manœuvrent la carcasse de la Mercedes encastrée, tandis que Diana, encore vivante, est transportée à l’hôpital de la Salpêtrière. Officiellement, elle n’est que légèrement blessée. Alors que plus d’un milliard de téléspectateurs attendent devant leur poste de télévision, une véritable tragédie se joue dans l’enceinte de la salle d’opération. Quelques personnes seulement sont présentes : les médecins, un ministre, un préfet et un policier, Daniel Bourdon. Aucun d’entre eux n’a jamais parlé. Et rien n’a jamais filtré de ce huis-clos tragique, l’un des plus grands secrets du siècle. Diana aurait-elle pu être sauvée ? Était-elle consciente ? A-t-elle pu parler, et si oui, qu’a-t-elle dit ? Depuis plus de quinze ans, toutes ces questions, toujours les mêmes, sont restées sans réponse… Libéré du devoir de réserve, le policier Daniel Bourdon a décidé de raconter cette nuit là… mais pas seulement. Il a voulu, comme il se l’était promis, reprendre l’enquête de zéro, à sa manière. Éditions Michel Lafon 2014.

 

L’histoire du livre

Le samedi 30 août 1997, je sais aussi exactement où j’étais. Non pas en raison des images du crash du Pont de l’Alma qui allaient bientôt tourner en boucle sur les écrans de télévision du monde entier, mais parce que Brandon Parsons, le directeur du plus important tabloïd anglais, The Mirror, venait de m’appeler à la maison pour vérifier une information. On l’avait contacté pour lui dire que la princesse Diana avait eu un accident de voiture et il me demandait si nous étions au courant. J’étais cette nuit-là le seul journaliste de permanence à Paris Match. Il était un peu plus de minuit et j’étais déjà dans mon lit.

Ma première pensée a été optimiste. Je n’ai pas imaginé un instant qu’un accident de voiture puisse être grave en plein Paris. J’ai aussitôt appelé le chef du service photo, Didier Rapaud, que j’ai réveillé chez lui. Il a passé quelques coups de fil et m’a rappelé pour me confirmer l’information. Je me suis habillé en vitesse et j’ai filé au journal.

La suite est, d’une part, de notoriété publique, d’autre part, pour ce qui est des informations auxquelles nous avons pu avoir accès dans les heures qui ont suivies, d’une importance capitale… pour les gens du métier. Au sein de la rédaction, alors dirigée par le célèbre Roger Thérond, 70 ans, surnommé « l’œil de Match », nous avons eu affaire à toutes sortes de témoignages, capitaux à l’époque des faits, mais considérés comme anecdotiques avec le recul dans la mesure où aucun d’entre eux n’apportait la preuve formelle qu’il aurait pu s’agir d’autre chose que d’un accident. Des amis photographes présents sur place m’ont assuré qu’ils en savaient plus qu’on ne voulait bien le dire – sans jamais rien me dire de plus. La moindre bribe d’information avait soudain une valeur inestimable. Je me souviens par exemple avoir été appelé par un membre du personnel du Ritz qui, sous le couvert de l’anonymat, souhaitait nous communiquer la première photo d’Henri Paul, alors uniquement appelé « M. Paul », sans qu’on sache s’il s’agissait de son prénom ou de son nom de famille. Je l’avais retrouvé dans les salons du palace et il m’avait confié la photo. Elle était coupée en deux car Henri Paul tenait par l’épaule celui qui nous fournissait le cliché.

J’ai eu de nombreux rendez-vous avec des témoins qui confirmaient ou contredisaient la version officielle. Toutes ces histoires, flirtant en permanence entre le tragique et l’absurde, se sont accumulées dans ma mémoire, d’autant plus que j’avais été correspondant permanent à Londres, ayant suivi pour le journal toute la période du divorce entre Charles et Diana. Je m’étais initié aux arcanes de la monarchie britannique, j’avais rencontré le Prince Charles sur ses terres du Duché de Cornouailles et à Buckingham Palace, j’avais interviewé Tony Blair, alors tout jeune premier ministre, au 10 Downing Street, j’avais bavardé avec d’autres personnes ayant toutes en commun d’avoir été des proches, à divers degrés, de la princesse Diana, depuis sa mère, Frances Shand-Kydd, que j’ai accompagnée lors d’un pèlerinage à Lourdes, jusqu’à l’une de ses nurses, rencontrée sur les terres du domaine familial d’Althorp. Et j’avais eu la chance de voir les photos de la princesse décédée à la rédaction de Paris Match au lendemain de l’accident, avant qu’elles ne disparaissent de la rédaction.

Aussi, lorsque Daniel Bourdon, dont je venais d’éditer un livre de souvenirs aux éditions de La Martinière, Flag’, 7 000 interpellations à la Brigade anticriminalité, m’a révélé avoir assisté aux dernières heures de Diana, l’idée d’un ouvrage commun a-t-elle rapidement germé. Il avait été comme moi de permanence cette nuit-là. Mais lui avait été réquisitionné pour sécuriser l’hôpital de la Salpêtrière où la princesse était arrivée mourante. Il l’avait accompagnée dans ses derniers instants, puis il avait entendu toutes sortes de rumeurs. Un tel témoignage à l’époque des faits aurait sans nul doute défrayé la chronique. À Paris Match, nous aurions fait la couverture avec son récit, et celui-ci aurait fait le tour du monde. Simplement, à l’époque Daniel Bourdon était sous serment.

Cette histoire le hantait, tout comme elle m’habitait. Et lui aussi ressentait non seulement l’envie, mais également le besoin, de la reconstituer, puis de la raconter. De la partager. Nous étions sur la même longueur d’onde. Nous avons décidé d’attendre le jour de sa retraite.

En 2013, Daniel Bourdon a finalement raccroché, comme il dit, et nous avons pu nous lancer.

Nous sommes retournés ensemble sur les lieux. Nous avons rouvert nos vieux livres accumulés au cours des ans et nous sommes plongés dans les anciennes coupures de presse qui sommeillaient dans nos archives personnelles. La rédaction de Paris Match m’a permis de me replonger dans ses archives. Quelques anciens collègues bien informés ont répondu présent aux sollicitations de Daniel. Nous avons recontacté des témoins oubliés. Et nous avons déterré nos calepins de l’époque. Puis nous avons fait appel à notre mémoire.

Et nous nous sommes mis à l’écriture.

La difficulté a été de trouver le point de vue convenant à ce projet. Nous ne souhaitions pas rédiger une énième enquête sur l’accident du Pont de l’Alma, dont nous ressortirions certainement riches en nouvelles révélations ‑ mais bredouilles sur le fond car celles-ci ne manqueraient pas d’être considérées comme anecdotiques, pour ne pas dire sans intérêt, par mes confrères journalistes, et ceux de Daniel dans la police. Nous ne souhaitions pas non plus créer de toutes pièces un scénario catastrophe, qui forcément tournerait à la mièvrerie.

Nous avons décidé de recréer les scènes en nous basant sur les faits afin de mieux nous rapprocher de la vérité. 

Sans vouloir prétendre que ce qu’il a vu et entendu est de nature à remettre en question les conclusions de l’enquête officielle, il est certain que son témoignage a une saveur qui dépasse largement les frontières du seul intérêt romanesque. 

 

Revue de presse

Article paru dans Le Parisien


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