Hitler, mon voisin

 L’histoire du livre    Le documentaire   Revue de presse   

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Âgé de 5 ans, Edgar Feuchtwanger, fils unique d’un éditeur juif, a une enfance heureuse dans la ville de Munich. C’est un petit Allemand insouciant, choyé par ses parents et sa nounou, lorsque Adolf Hitler, chef du Parti national socialiste, s’installe dans l’immeuble d’en face. En 1933 se brise le bonheur de cette vie sans nuage. Hitler est nommé chancelier. Les parents d’Edgar, déchus de leurs droits de citoyens ordinaires, tentent de le protéger des humiliations. À l’école, sa maîtresse lui fait dessiner des croix gammées, ses camarades rejoignent les jeunesses hitlériennes. Depuis sa fenêtre, en regardant de l’autre côté de la rue, Edgar va assister à la préparation de la Nuit des longs couteaux, de l’Anschluss et de la Nuit de Cristal. Les Juifs sont arrêtés, son père est enfermé à Dachau où il connaîtra la peur, le froid et la faim. En 1939, Edgar est envoyé seul en Grande-Bretagne. Il y fera sa vie, sa carrière, fondera une famille et s’efforcera d’oublier le cauchemar de son passé. Un passé qui a soudain rejailli lorsqu’il a voulu, à 88 ans, raconter cette enfance enfouie. Éditions Michel Lafon 2013.

Traduit dans douze langues.

 

L’histoire du livre

J’ai rencontré Edgar en 1995. Le quotidien britannique The Independent avait publié un court article racontant l’itinéraire de cet enfant Juif, Edgar Feuchtwanger, qui avait habité pendant dix ans en face de chez Hitler, à Munich, de 1929 à 1939. Quelqu’un avait déposé la coupure de presse sur mon bureau en me suggérant de traiter le sujet pour notre magazine, VSD. J’avais appelé à Londres et l’auteur de l’article m’avait donné le numéro de téléphone de la fille d’Edgar, Antonia, qui avait bien voulu me communiquer celui de son père. Quelques minutes plus tard, le rendez-vous était pris et le week-end suivant nous étions chez lui.

J’étais venu avec un photographe, Nicolas Reynard. Nous avions passé la journée à bavarder autour d’une tasse de thé, servie par Primrose, son épouse. Edgar nous avait raconté la vie à Munich sous Hitler. La vie des Juifs sous le IIIème Reich. Celle de sa famille. Il nous avait décrit les expressions du Führer. Vues par lui. De ses yeux d’enfant. Car il le croisait souvent dans la rue. Il se souvenait entendre parler de personnalités telles que Ernst Röhm, Neville Chamberlain, Benito Mussolini, et quelques autres, qui, pendant dix ans, passèrent sous ses fenêtres. Il nous avait montré ses cahiers d’écolier coloriés de croix gammées. Nicolas avait alors photographié Edgar derrière sa fenêtre, en noir et blanc. Et nous étions repartis.

J’ai depuis souvent encouragé Edgar à écrire ses souvenirs. Mais Edgar est historien et à ses yeux la vie des anonymes n’est pas forcément digne d’être racontée. Et puis, il avait tant d’autres livres à écrire ! Et le temps a passé. Nous sommes restés en relation. Nous téléphonant. Nous écrivant. Des lettres. Puis des mails. Bavardant parfois sur Skype.

La première fois que nous nous étions rencontrés, Edgar avait 70 ans et j’en avais 25. Il en a 87. J’en ai 42. Nicolas Reynard a disparu dans un accident d’avion lors d’une expédition. Primrose est décédée ce printemps. « Je commence à me poser des questions sur l’éternité », m’a dit Edgar. Il était temps d’écrire cet ouvrage. Alors nous sommes enfin partis sur les traces du Munich de son enfance. Avant que tout ne s’efface. Que tout disparaisse. Juste à temps.

 

Le documentaire

Écrit et coréalisé avec François Bordes, produit par Kuiv Productions, ce film a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

A retrouver sur Netflix

Hitle, mon voisin - Netflix

 

 

 

 

 

 

Revue de presse